Trois personnes passent furtivement devant le hublot. J’entrouvre le rideau, le ciel rosit. Il est temps de sortir sur le pont à la recherche des cétacés qui traversent la baie riche en plancton. Mer presque calme, aube pastelle. Maël repère le premier un évent, puis deux, trois, dix. Des éclaboussures blanches surgissent de part et d’autre. Incrédules, nous sommes à l’affût. Une première nageoire de baleine Jorobada frappe la mer, puis une autre. Excités, nous guettons le moindre mouvement. Un groupe de trois baleines « fin » montrent leurs dos arrondis. On croit apercevoir la timide dorsale d’une baleine bleue. Puis une symphonie de claquements de nageoires blanches poursuit le spectacle. Pour le bouquet final, une baleine Jorobada saute sur le côté. A 7h15 les cétacés disparaissent dans les profondeurs. Quel spectacle inattendu et réjouissant. Un magnifique cadeau d’anniversaire pour Nicolas! 

La chaîne de la cordillère bleutée dessine l’horizon. Ça et là des volcans et des glaciers. 

Un « ooommmmm » collectif se perd dans le vent austral. Mains jointes, nous nous préparons pour notre salut au soleil. Positions du chien, du guerrier, nos musclent s’étirent tandis que Carolina enchaînent quelques postures yengar sur le pont supérieur. La concentration est perturbée par les rafales de vent et le soleil de plomb, mais quel plaisir de pratiquer le yoga en pleine mer australe.

La météo est exceptionnellement clémente et chaude, il fait 16 degrés, pas un nuage ne vient taquiner le ciel. Jeux de société, conférence sur les oiseaux, dessins, objets de laine, l’après-midi passe nonchalamment, entrecoupée de discussions avec les uns et les autres et de périodes contemplatives. 

Zélie ne quitte plus ses amies: Alisson, cinq ans vit dans le village de pêcheurs isolé de Puerto Éden, Mila, 10 ans et Sofia, 8 ans sont toutes deux originaires de Punta Arenas. Les poursuites infernales sur le pont et les parties de cache-cache succèdent aux séances d’échec en plein air et de coloriage. Les enfants vivent leur vie. 

Canal Moraleda, Pulluche, la route se ressert jusqu’à la Baie d’Anna Pink avant de rejoindre le golf de Peñas. La houle se fait ressentir au niveau de l’océan. Un doux roulis devrait nous percer cette nuit, le vent n’est pas trop coriace, la traversée de la baie devrait être relativement sereine malgré les courants forts qui la secouent. 

Nous préparons dessins, ballons et cadeau pour l’anniversaire de Nico. Le cuisiner s’excuse car le gâteau n’est pas prêt… ce sera spaghettis bolognaise et pomme, pas d’alcool sur le bateau. Pour remplacer sa montre de sport partie nager avec les requins au fond de l’océan pacifique, nous lui en avons trouvé une nouvelle à Sydney. Le décompte des pas et la mesure du rythme cardiaque vont pouvoir repartir! Y’a plus qu’à se remettre à la course!

Une merveilleuse journée prend fin. 

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