Rencontre avec Gagas

Que faire à 4h du matin après une nuit blanche, dans une ville inconnue, sans réservation d’hôtel?

Après un café au bar de l’aéroport ultra moderne, on prend une vieille Lada pour aller à l’opéra… On traverse le strip des casinos du coin, les trous et les travaux de l’autoroute, les vieilles avenues sombres de l’ex ville soviétique, avant d’être lâchés devant l’opéra. Il fait nuit noire. le taxi demande au vendeur de journaux un coup de pouce, il appelle le numéro de la guesthouse choisie. Pas de réponse. Autres essais infructueux. On laisse tomber, il est trop tôt, la ville dort. A moitié endormis, on décide de partir à la recherche d’un café…


Gagas nous hèle « Can i help you? ». Il rode à 5h en pleine nuit et nous propose de venir chez lui nous reposer en attendant que le jour pointe. On accepte.

Il habite dans un immeuble historique, en plein centre, avec sa maman. Il est ‘shoedesigner’ et parle italien, un peu. Il nous prépare un petit déjeuner royal, un café, des oeufs tout frais, du caviar d’aubergine, du yaourt bio de la ferme, bref un vrai bonheur. On plane de fatigue. Le personnage vaut le detour. 41 ans, original et excentrique, alcoolique amateur de femmes, partageant un appart en décrépitude avec sa mère…

Il nous laisse dormir sur son canapé en attendant que son amie Christina, arménienne, architecte, vivant à Bobigny, ne vienne nous sauver. 11h. Le soleil est haut. On a chaud, la bouche pateuse, et Christina arrive. Elle appelle la guesthouse qui est à deux pas de là.

La chambre est libre et le prix extraordinaire. Nos hôtes doutent d’une telle aubaine. Ils nous accompagnent pour vérifier la véracité du lieu. Deux lits jumeaux dans une chambre poussiéreuse, un salon des années 50, une salle de bain avec eau seulement le matin. Ça nous va. Gaggas est terrorisé par celle qu’il appelle Schwartzneger (l’hotesse de cette guesthouse un peu froide) mais capitule après nous avoir offert de dormir sur son sofa.

Christina nous invite chez elle. Elle peint sur tout ce qu’elle trouve. Elle regrette sa belle maison luxieuse refaite dans le gout nouveau riche. « Paris c’est dur, il y a trop de noirs. On n’est pas respectés. Comment peut-on accepter cela? » Après avoir mangé les fruits frais locaux on rentre dormir un peu.

On flâne en fin de journée dans cette ville de tuf rose. On dine en terrasse. Les filles sont sur leur 31. C’est samedi soir, concours de chaussures à talons, de jupes courtes et de dorures… Très tape à l’oeil comme ensemble.

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