Alaverdi, de la mine au monastère

Il faut un bon petit déjeuner pour supporter la dure journée qui commence. Attendre un premier bus pour Vanadzor au carrefour des routes avant d’en trouver un autre pour Alaverdi. Finalement l’opération est plutôt chanceuse puisque pour parcourir ces 100km on ne mettra en tout que 3h. On rencontre un polonais en vadrouille, il va à Tbilissi.
 
Alaverdi est la ville la plus triste d’Arménie. Bien que située au coeur d’un superbe canyon très encaissé, la ville autrefois prospère n’offre plus que des paysages de désolations: usines à moitié fermées, mines à l’abandon, immeubles d’ouvriers en piteux état. On est assez perplexes et notre guide ne nous donne pas trop d’adresses. Lilit, une grosse bonne femme d’une trentaine d’années a l’air maternelle, nous accoste en anglais à la gare routières. Elle nous explique qu’elle travaille pour la municipalité. Le seul hôtel soviétique du coin étant fermé, la ville prévoit en remplacement des appartements mis a la disposition des touristes afin qu’ils soient à l’abris des nombreux vols et agressions enregistrés dernièrement.
 
On la suit. Le bus nous conduit à la ville haute, proche du téléphérique qui relie l’usine aux logements. L’appartement est normal et semble habité. La salle de bain est digne des plus glauques du pays: bassines accumulées autour d’une baignoire pleine d’eau croupie, eau chaude inexistante et eau froide par intermittence. On commence à trouver ça louche mais bizarrement, on accepte de croire à son histoire abracadabrandesque. Une grande pièce de théâtre commence alors. Elle durera 24h.

Les personnages:

– Lilith, 30 ans, travaillant de nuit pour la police, de jour pour la municipalité. Personnage ambivalent, à la fois attendrissante et très autoritaire, elle dirigera l’ensemble des actes selon sa volonté, sans laisser de respiration possible aux autres personnages. Elle developpe une certaine schizophrénie tout en sachant que seul son travail avec les touristes lui permettra de sortir de la lente mort de sa ville natale.

– Mary, sa nièce de 12 ans, apprenant l’anglais et secondant Lilith dans toutes ses taches et dont toute la famille reconstituée est partie en villegiature à la montagne sans elle?!? Elle ne cessera de faire des cadeaux aux deux touristes piégés.
– Niko et Marion, deux touristes qui auront le ventre noué pendant 24h en se demandant bien à quelle sauce ils seront mangés. Ils seront envoutés par Lilith et accepteront sans comprendre pourquoi ses moindres ordres, tout en élaborant les pires scenari.
– Le chauffeur de taxi, un crétin notoire, conduisant vite et mal, impatient et antipathique, très ami de Lilith.
– Les habitants, tous frappés par le chômage, étonnés de voir débarquer à 19h, deux crétins visitant leur quartier de HLM vétustes à la recherche du départ du téléphérique.

 

Rosmary’s baby en Armenie

Acte I. Le grand mensonge.
Scene 1. Comment aguicher les touristes ou le guet a pen de la municipalité.
Scene 2. Des excursions au pas de course.
Scene 3. Une petite fille traumatisée par les hommes ou la queue devant des toilettes.

Acte II. La crainte d’un mauvais coup ou l’élaboration d’hypothèses rocambolesques.
Scene 1. un diner qui passe mal en attendant de se faire droguer.
Scene 2. Une nuit enfermés à double tour ou l’attente du lendemain.

Acte III. Un denouement lent.
Scene 1. Rebelotte: une nouvelle excursion accompagnés de nos joyeux compagnons.
Scene 2. La longue attente du bus pour Tbilissi.

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