Le ciel très couvert ce matin, se dégage à mesure que nous avançons vers le sud ouest. Les vallées arides et fertiles se succèdent, entourées de montagnes ocres noires. A l’approche du monastère de Sakya, les maisons revêtent des couleurs noires cendrées et des bandes de couleurs blanc-rouge-bleu, à l’instar du monastère.

Sakya se dresse telle une forteresse sur le versant sud de la vallée, avec ses hauts remparts noirs flanqués de tours de guets. Le monastère est le siège de l’ordre très strict des Sakyapas créé au 11 eme siècle, dont les abbés sont tous héritiers de la famille aristocratique des Khons et peuvent donc se marier. La renommée universitaire et spirituelle des érudits de Sakya était telle que lorsque les mongols envahirent le tibet, au milieu du 13eme siècle, Sakya Pandita fut désigné pour représenter le peuple tibétain auprès du prince mongol Godan. Il introduisit le bouddhisme en Mongolie et fut nommé vice-roi du Tibet. Son neveu Phagpa,devint un proche conseiller de Kubilai Khan et transmit un document qui servit d’alphabet officiel de la cour mongole. En 1354 Shakya perdit son pouvoir. Aujourd’hui le monastère garde la renommée d’une grande érudition et conserve en son temple plus de 18000 ouvrages. L’une des plus grandes bibliothèques du Tibet se dresse dans un étroit couloir derrière la salle d’assemblée. L’empilement de ses manuscrits est très impressionnant.

La salle d’assemblée dégage une atmosphère particulière empreinte d’une grande spiritualité. Ses larges poteaux constitués de troncs d’arbres entiers sont peints et ornés de cornes, statuettes, peaux de bête. Des bouddhas dorés baignés d’une douce lumière habillent les parois tandis que le moine claironne en soufflant dans le coquillage sacré. L’air est vif sur les remparts, glaçant même. 

La bourgade autour du temple revêt les habituels symboles de l’avancée chinoise, vaste place monumentale déserte, sculptures dorées, sinogrammes de propagande, école et stade et des rues bordées de lampadaires démesurés. 

Frigorifiés, nous continuons notre route jusqu’à Baber. Les hauts plateaux enneigés servent de pâturage l’été. Nous apercevons les traces des abris des troupeaux nomades. Le vent balaye les plateaux dont les sommets alentours ne semblent pas si haut. Au détour d’un virage, l’Everest nous apparaît, pointant son sommet au milieu de la chaîne himalayenne. Une surprise saisissante qui nous réjouit tous. Le spectacle est de courte durée mais demain nous nous rendrons au pied du géant!

Monastère de Sakya
Gardien du temple
Salle d’assemblée
Les livres sacrés
Oracle de l’au-delà
5248m
Everest en vue

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