Aux portes du désert

Faute d’informations sur la région dans nos guides de voyage, nous nous laissons porter par notre taxi autour des attractions incontournables locales. Le gouvernent a reconstruit le grand mythe de la route de la soie. Dunhuang en est le point convergeant, a la sortie du corridor du Hexi, regroupant des géoparcs classés par l’UNESCO, des musées gigantesques, la ligne grande vitesse jusqu’aux confins du Qinjiang, des aérodromes, des hôtels de luxe et des attractions hors de prix qui creusent un gouffre dans notre tirelire. 

Il est difficile de savoir si la vieille ville de Dunhuang, située au pied d’impressionnantes dunes, a été montée de toutes pièces à l’occasion du tournage d’un film ou si elle a servi de décor une fois reconstruite. Maisons en carton-pâte, étales présentant des denrées en polystyrène, temple en plastique, les chinois multiplient les poses devant les remparts en toc dans des costumes d’époque. Patétique.  

Armée de sa lampe de poche, la guide décrit savamment les peintures rupestres de l’ensemble de grottes Ouest aux 10000 bouddhas. Tout est en chinois. Nous contemplons les scènes sans en saisir les subtilités, ravis par la fraîcheur des couleurs et les jeux géométriques des murs de bouddhas. La déesse protectrice volante Feitian, emblème de la ville, vole dans le ciel du Nirvana. 

Face à l’entrée payante du pass de Yangguan, autre ville réinventée en carton-pâte, nous passons notre chemin, fatigués par les bus électriques, les stands de tir a l’arc, les boutiques et la musique tonitruante. 

De hauts murs en brique crue se détachent du désert. Une croute dure craque sous nos pieds. La porte de jade et sa citadelle ressemblent aux forteresses du Turkménistan, telle Merv, autre cité de la route de la soie. Les murs en paille et argile de la Grande Muraille Tang se perdent dans le sable. Nous sommes rappelés à l’ordre en pleine contemplation, le bus nous a laissé 15 minutes, pas une de plus, sans la moindre possibilité de sortir du périmètre restreint qui longe le mur. On n’ira pas plus loin. Dommage. 

Pour le coucher du soleil, nous nous rendons à la frontière du Xinjiang, dans le géoparc de Yardang, un désert aux formations géologiques étonnantes que l’on retrouve en Iran. Creusés par les rivières, taillés par le vent, des couloirs de sable et d’argile dessinent des formes allongées. Le lieu est spectaculaire. Sa découverte, restreinte au trajet du bus et aux zones minimalistes laissées aux piétons. Là encore, hélicoptère, ULM, 4×4, mais pas de randonnée possible…. Etre assis sur la ligne blanche au milieu de la route, se retourner les cheveux au vent au moment d’appuyer sur le déclencheur, prétendre porter quelque chose sous son profil égyptien,  telles sont les trois pauses photographiques chinoises immanquables. 

Nous déposons les enfants dans leur lit à 22h après une journée surchargée. Nous garderons l’image des grottes, des ruines de la forteresse au milieu du désert, de la beauté du coucher du soleil dans les Yardang en oubliant la frustration de visites dirigées, controlées, où flâner est impossible. 

Vieille ville de Dunhuang
Les impressionnantes dunes de sable
Les grottes de l’ouest
Centrale solaire à concentration d’une puissance de 100MW – la plus grande d’Asie
Site de Yumenguan
La citadelle
Muraille de Chine
Passe de la porte de Jade – porte fortifiée de la route de la soie
Géoparc de Yardang

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