Karakhorum

La mère de famille nous a préparé des galettes au sucre et du thé au lait. Le père nous offre des osselets de marmotte à accrocher aux chevilles des enfants pour leur porter chance. 

Nous nous séparons par de franches accolades. Sanja reprend le volant entre les pierres noires de la piste défoncée. 

Certains camps de yourtes sont en train d’être démontés. Les nomades vont bientôt prendre leurs campements d’hiver. La vallée est « très peuplée », elle a un charme fou et mérite le détour. 

A l’heure du déjeuner nous atteignons la route goudronnée. A quatre pattes, Maël se transforme en chasseur de pickas – les souris marmottes des champs qui pullulent dans les prairies. La vallée est cultivée. Le blé s’étend sur des kilomètres, reste des kolkhozes soviétiques. 

Karakhorum, ancienne capitale établie par le vénéré Gengis Khan, a été totalement rasée en 1380, à peine un siècle après sa création. Il n’en reste rien d’autre qu’une maquette située dans le petit musée de la cité. Capitale multiculturelle, multiconfessionnelle d’un empire qui s’étendait de la Chine jusqu’à l’Egypte.

Le musée très intéressant raconte l’histoire des lieux, du commerce avec les arabes et les européens.

Les murailles blanches plantées de stuppas entourent le temple d’Eredene Zuu établi en 1585 et miraculeusement épargné par les purges staliniennes. Les grandes charpentes de bois peints, les sculptures animalières sur les toits, les représentations bouddhistes rappellent l’époque mandchoue d’Amarbayasgalant, sans toutefois en conserver le charme désuet.  L’ensemble, plutôt modeste, est Néanmoins paisible et harmonieux.

Il n’y a pas beaucoup plus à voir dans cette ville qui se dote d’infrastructures afin de répondre à l’afflux relatif de touristes. Nous offrons un coup à boire à tout le monde dans le seul hôtel un brin luxueux de la ville, avant d’aller dormir dans des yourtes pourvues d’ électricité, couettes et lavabo sans eau. Un retour brutal au confort et à la civilisation après ces 15 jours de « slow consommation ». 

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