La steppe givrée se dévoile sous le soleil matinal. Les yacks broutent, inébranlables dans leur fourrure dégoulinante. Les monts enneigés nous englobent, se reflètent dans les lacs, disparaissent sous la brume. Le spectacle nous ravit. Nous sommes tout excités par ces hauts plateaux. Désertiques. L’agriculture a disparu. L’élevage a repris le dessus. 

Les chinois ne chôment pas, de grosses infrastructures sont en construction; le projet de ligne jusqu’à Katmandou, l’autoroute, les champs de panneaux solaires, de nouvelles villes.   

Tenzin, notre guide pour Lhassa, nous accueille chaleureusement avec des écharpes blanches de bienvenue. Nous sommes attendus à l’hôtel par une représentante de l’agence chinoise venue confisquer le drone de Nicolas jusqu’à la frontière népalaise. Ce n’est qu’une mesure de précaution afin de s’assurer qu’il ne s’en servira pas. Cet avant-goût d’auto-censure donne une idée du climat dans la région. Ambiance. 

Nous sommes exténués. Marcher à 3600m est épuisant. Nous allons siester tandis que dehors le ciel est clair, dégagé, magnifique.

Depuis la terrasse de l’hôtel, le Potala domine le paysage de la ville. Le quartier tibétain où nous résidons est vivant, au cœur du marché, des étales colorés, des carcasses de viande pendues, du beurre de yack, des babioles en tout genre. Les fenêtres colorées des maisons sont ornées de motifs floraux. Les visages montagnards des tibétains vêtus pour la plupart de grands manteaux traditionnels et coiffés de chapeaux nous scrutent l’air curieux. Zélie met son foulard sur la tête, elle cache ses cheveux dorées, saoulées par tous ces regards qui la dévisagent depuis deux mois. Pour l’instant le repos est de mise, nous irons nous aventurer plus loin demain. 

Ponctuel le train arrive à 11h20 à Lhassa
Vue depuis la terrasse de l’hôtel

Une réponse

  1. Photos magnifiques et vous étiez des plus en plus poétiques.
    C’est l’esprit du voyage qui façonne les mots?

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