Ongi river

Le ciel est chargé de nuages. La route est longue pour rejoindre la Mongolie centrale. Les kilomètres se succèdent, la piste est pénible, nous sommes épuisés par les vibrations et les bosses. Le désert monotone, hostile et inhabité persiste. Nous croisons les arbrisseaux du désert hauts d’un mètre, des dépressions de terre rouge, puis plus rien, plus une yourte, plus âme qui vive. Quelques touffes d’herbe apparaissent à nouveau, les chevaux, les vaches et les brebis peuplent la plaine. Une famille nomade prend la route suivi de son troupeau, transportant sa yourte sur sa camionnette pour rejoindre son emplacement hivernal. Les montagnes et la steppe annonce le changement de climat. Au moment de rejoindre les ruines des monastères de Barlim et Khutagt l’orage éclate. Les temples datant du 17 et 18ème siècle, autrefois grands foyers bouddhistes accueillaient jusqu’à un millier de moines avant d’être victime des purges staliniennes, du massacre des lamas et de la destruction systématique des lieux de culte en 1937. Il ne reste que des murs de briques crues perchées sur les montagnes rocailleuses au cœur d’une vallée verte dans laquelle coule paisiblement la rivière Ongi. La pluie nous empêche d’explorer les alentours pourtant charmants de la rivière. 

Nous reprenons la piste. 

Le camping étant compromis pour ce soir étant donnée la météo, Dorj cherche le gîte chez les nomades pour la nuit. Nous sommes accueillis avec du lait de jument fermenté dans la yourte familiale où nous dormirons, obligeant les occupants à s’exiler dans leur yourte « cuisine » ne disposant pas de lit. Les premiers contacts ne sont pas faciles et nous sommes mal à l’aise avec nos gros sacs, notre eau minérale, nos appareils photos, nos habits neufs. L’intérieur est joliment décoré, les signes astrologiques ornent le toit, des crins d’animaux suspendus portent bonheur, un petit autel bouddhiste et des photos de famille habillent les parois. 

La mère enfile un masque pour traire les juments. Le troupeau de chèvres est ramené au foyer à moto une fois repéré aux jumelles. Le grand père, après voir aspiré quelques cuillerées de tabac, aide son fils à attacher les chèvres par le cou avant de les traire à leur tour. Nous tentons timidement de participer ce qui réchauffe les relations. Le lait servira à la confection de fromages pour l’hiver, de lait fermenté et de vodka. Nous échangeons quelques gâteaux, de la bière, des sourires autour de la petite fille de 6 mois qui gambade, le pantalon ouvert entre les jambes à la mode chinoise évitant ainsi de porter des couches. 

La vie nomade est rude, l’hygiène très approximative, le régime alimentaire monotone, pas de légumes, pas de fruits, uniquement des pâtes, de la viande et des produits laitiers. 

Les enfants initient Dorj à leurs jeux favoris, loup touche touche, 123 soleil, ce qui amuse tout le monde. 

Nous prenons place sous la yourte à la nuit tombée, sur les deux lits et par terre. Les cafards tombent du toit et nous chatouillent toute le nuit, les chiens aboient, la pluie tombe, le vent souffle. Le sommeil sera léger.

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