Villages antiques du massif calcaire

On loue un microbus que l’on partage avec Laetitia, ex-croix rouge belge en vacances, pour passer la journée à arpenter le Massif Calcaire et ses villages antiques. Vastes étendues de calcaire blanc, montagneux, sur fond de terre fertile extrêmement rouge sur laquelle poussent des oliviers à perte de vue, parfois ponctué de champs de tabac, de pistache, de figue ou de pommiers. Le paysage assez atypique et très beau. Inutile que la chaleur est au rendez-vous…

Première halte:

Le monastère de Saint Simeon, une énorme basilique byzantine du Vème siècle sur un plan en croix régulière parfait, les quatre bras égaux se joignant en un octogone autour du reste de la colonne sur laquelle Saint Simeon resta à prêcher 40 ans durant… Ce lieu en effet avec cet énergumène perché sur sa colonne ne trada pas a devenir une attraction dans la région et même au delà. Ce haut lieu de pèlerinage vit naitre un jour la plus flamboyante basilique de Syrie. Au fond un baptistère relié à la basilique par ce qui était une rue bordée de boutiques et une hôtellerie pour les pèlerins. Les colonnes ont des chapiteaux corinthiens, tandis que les fenêtres sont bordées de frises continues et de croix. Un état de conservation extraordinaire.

Après une heure de route tortueuse, on pénètre dans un autre massif, le Djebel Ala, à la frontière turque, pour voir le monastère de Qalb Loze (et non la frontière), datant du IVème, et instaurant les canons des futures monastères de la région. Il est situé dans un village Druze (tous à vos dico de religion), secte chiite, et était probablement un haut lieu de pèlerinage. De vastes piliers sculptés et abritant des niches retiennent une toiture aujourd’hui effondrée.

Il faut mériter l’arrivée à la ville abandonnée de Al Bara, perdue au milieu des champs d’oliviers du massif Djebel Zawiye, elle abritait autrefois 5 000 habitants. Ville de paysans chrétiens indépendants du Vème siècle, elle n’avait pas de plan à proprement parlé mais juste une juxtaposition de maisons en pierre calcaire, sur deux étages, dont le rez-de-chaussée servait aux bêtes, tandis que l’étage, accessible par un escalier en bois extérieur, était réserve à l’habitat. De grands arcs soutiennent les planchers de ces hautes maisons. Al Bara émerge de la cime des oliviers par petites touches. Des pan de murs, des maisons entières au milieu des champs, le décor est magnifique. On voit pointer deux pyramides, tombeaux familiaux, et un monastère dominant l’ensemble.

Sergilla est une autre ville morte. Mieux conservée, elle possede encore des églises, des thermes, une citerne et un vaste cimetière de sarcophages en plein air ou creuses dans la roche. Les maisons se succèdent, on a du mal à distinguer les chapelles des maisons aujourd’hui en partie devenues bergeries.

On rentre après une journée bien chargée et d’innombrables virages…

Demain on trace vers le sud.

Au fait, hormis les fréquentes coupures de courant qui vous empêchent généralement d’avoir les dernières photos, on a des problèmes pour visionner le blog…

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