A bord du Transmongolien

Le réveil sonne trop tôt. L’appartement est une étuve. Le linge a terminé de sécher pendant la nuit moyennement la mise en service du radiateur électrique. Les rues hier paralysées par les voitures, sont désertes. 

Le train K24 revêt les couleurs blanche et violette et les écussons mongoles. Les hôtesses vêtues de bleu Roy attendent à chaque porte, souriantes sous le soleil matinal. Notre cabine est rutilante, dans le goût kitsch chinois avec ses rideaux violets, ses couettes damassées soyeuses assorties, ses couvre-lits verts. Un Thermos d’eau chaude nous attend sur la table, bientôt suivi de tasses de café. Nous sommes heureux de retrouver le Transmongolien, on s’y sent comme à la maison. 

Le désert de Gobi file devant les vitres, imperturbable, infini, monotone et rude. Quelques poteaux électriques deci-delà, les maisons en briques peintes des employés des chemins de fer, quelques troupeaux et toujours pas d’arbres. 

A la frontière, les militaires mongols arpentent les couloirs des wagons, regardent nos passeports distraitement puis nos têtes et repartent, suivis par d’autres. Le train stationne en gare, puis repart après 90 minutes. 

A Erlian, changement de décor, les champs d’éoliennes font leur apparition, un immeuble flambant neuf accueille les voyageurs tandis que des myriades de lumières illuminent la ligne frontalière. Tout le monde descend muni de ses bagages. Efficacité, ordre, le poste frontière est mieux équipé qu’un aéroport français en termes de scanners, caméras et contrôle biométrique. La foule s’amasse dans la salle d’attente ne sachant pas encore qu’elle y restera 4h, sans un restaurant pour passer le temps. L’unique échoppe ouverte fait fortune dans toutes les devises. Tous les sacs sont réquisitionnés pour servir de lit de fortune, les enfants, épuisés, s’effondrent le temps du changement d’essieux du train qui, sinon, ne pourrait circuler sur les voies chinoises.

Nous regagnons enfin épuisés nos lits à 1h du matin pour une nuit courte. 

Une réponse

  1. C’était beaucoup plus cool quand nous avons passé cette frontière. Simple contrôle de police, nous avons pu rester dans le train pendant le changement des boggies

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