Bosra, capitale de l’Arabie

Une grasse matinée de temps en temps ne fait pas de mal, surtout lorsqu’on s’est offert un bel hôtel autant en profiter. Le soleil est déjà haut lorsqu’on arrive à la gare routière et qu’on prend le minibus rempli de mômes qui rient et se disputent, vers Bosra. 40km plus tard, on arrive dans cette ville classée Patrimoine Mondial de l’Unesco. Un petit déjeuner s’impose. Jus d’orange, café, fromage, olives, omelette, salade, en terrasse face à l’entrée de la citadelle. De quoi tenir pour la journée.Les remparts cachent en fait un théâtre romain dans un état incroyable que les constructions ottomanes ont aidées à préserver: citerne, réserves, casernes militaires l’ont enfoui sous des mètres de terre. Les gradins sont intactes et la scène noire basalte et rose granit s’élève sur deux niveaux. Le théâtre acceuillait 12000 personnes et un large vellum en soie apporter l’ombre.
 

La vieille ville aux alentours du théâtre n’est pas dénuée de charme. Les maisons ont toutes des morceaux choisis de constructions romaines: colonnes, linteaux, chapiteaux… La population s’est installée dans d’anciennes demeurent, des bains et le mélange de ruines et de cahutes est curieux. Trois couches, trois époques, trois niveaux de rue: les Nabatéens, les Romains, et les Mameloukes… Les Byzantins qui sont également passes par là, ont transforme des bâtiments romains en église qui aujourd’hui sont des mosquées, étonnant mélanges de styles et d’époques. Chaque fouille decouvre de nouveaux étages aux bâtiments d’une epoque différentes. Un millefeuille de constructions. Le site mérite réellement le detour.

 
De retour a Daraa, on trouve un taxi pour la frontière jordanienne située à 20km. Ahlam, une quadragénaire catholique jordanienne et sa cousine, prennent le taxi avec nous. Ahlam est une femme de caractère, drôle et souriante, parlant très bien anglais, qui nous guide à travers les barrières frontalières successives.
Quatre contrôles assidus en Syrie (rien que cela), un no man’s land et un petit contrôle de routine en Jordanie avec photo et empreinte digitale pour Marion, coup de tampon pour Nicolas qui est apparement est déjà fiché… je n’en reviens pas qu’ils aient gardé mon fichier pendant 10 ans. Une heure pour passer la frontière à Ar Ramtha. Ahlam a juste passé la journée en Syrie pour faire du shopping de fruits et légumes, l’importation de toute autre denrée étant illégale (même la viande), profitant de la différence visiblement énorme de prix. Elle a laissé sa voiture de l’autre coté de la frontière et propose gentiment de nous amener chez elle boire une café. Al Hisn est à quelques kilomètres de Irbid, troisième ville de Jordanie, c’est une ville plutôt petite dite des « conducteurs lents ». Ahlam habite une modeste maison qu’elle et son mari ont faite construire en 2002. On rencontre ses 3 enfants et son mari et on prend le café-jus d’orange-gateaux au milieu de son salon simplement meublé et tapissé d’icones religieuses et de croix. Elle a l’intention d’envoyer sa fille Christine à l’étranger pour qu’elle n’épouse surtout pas un Jordanien et prie pour que son fils, aux résultats brillants, intègre l’Université de Médecine. Elle nous parle de la difficulté de faire des études sans argent, des tensions entre musulmans et catholiques, du prix de la vie et de sa foi en Dieu. Elle est belle, forte et touchante. Nous refusons de rester dormir chez elle et elle nous raccompagne à la gare routière où nous montons dans un bus pour Aman à une heure de là, après des adieux émus.
Aman est énorme, moche et grouillante. On trouve un hotel routard dowtown, le Sydney (qui n’a rien d’australien), qui nous servira de base d’excursions pendant les prochains jours.

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