Frontières urbaines

La brume marine obstrue le paysage urbain ce matin, les sommets de verre et d’acier se perdent dans l’éther. Zaha Hadid a bâti « l’innovation tower » de l’université polytechnique. Foyer des contestations contre le projet de loi de Pekin et siège d’affrontements d’une rare violence en novembre dernier, le campus est aujourd’hui placé sous haute surveillance. Une barricade jaune encercle la zone, il nous est impossible d’y pénétrer. Tous les cours ont été suspendus. Cette faculté réputée dans toute l’Asie est désertée. Dimanche prochain, alors que la tension est quelque peu retombée suite aux élections locales, une nouvelle manifestation est programmée au moment où le gouvernement annule toutes les cérémonies du nouvel an chinois espérant maitriser l’épidémie du coronavirus. Nous qui étions déçus de louper de peu les festivités de l’année du rat, nous serons finalement mieux installés face à nos écrans dans l’avion qui nous mènera à Adélaïde. 

Dans les gares, le métro, les centres commerciaux, les annonces pour se laver les mains et porter un masque sont diffusées en continue. Des affichages parachèvent une campagne bien rodée. 

Le double-decker, héritage  Britannique, nous conduit, à travers une multitude de noeuds autoroutiers, dans le nouveau district de Kowloon Ouest en plein développement économique et urbain. Nous faisons une halte pour un goûter parisien au « pain quotidien ». Les enfants sont ravis de pouvoir partager leur voyage avec l’aimable gérante française qui vit ici depuis plus de deux ans et nous offre les cafés. 

L’accès au port est coupé par le débouché d’un gigantesque tunnel sous-marin. Incapables de comprendre comment parvenir la jetée industrielle, nous nous contentons d’observer le quartier depuis la dalle haute du shopping mall « Elements ». Le lieu rassemble les expatriés travaillant dans les banques alentours venus boire l’apéro en sortant du boulot. La plus haute tour de Hong Kong a la tête dans les nuages. Il bruine. Visibilité réduite à 100m. Dommage, l’observatoire du 100eme étage est noyé dans une purée de pois, nous passons notre tour… 

Rentrer ne s’avère pas aisé. Trouver son chemin parmi les tunnels, les passerelles, les routes, les gares, les métros relèvent du parcours du combattant. Les îlots de gratte-ciel sont comme des grappes isolées au milieu d’autoroutes. Il est difficile de sortir de ces enclaves. 

Voilà, nous laissons Hongkong fêter son nouvel an seule, lutter pour sa liberté, continuer sa vie trépidante et fascinante. Deux jours, c’est trop court pour tout explorer mais on a eu plaisir à en sentir l’atmosphère. 

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