Le rugissement d’Okaukuejo

Il est 5h30. Un rugissement réveille le camping. Le lion est là.

Aussi vite que possible, nous enfilons nos vêtements chauds, frontale et jumelles autour du cou, et courons rejoindre le point d’eau.

Une ombre passe. Un lion. Au loin dans la pénombre. Les chanceux l’observeront un peu mieux aux Jumelles. Il trace sa route sans faire de pause à l’abreuvoir.

Les premières lueurs du jour jaillissent.  Nous plions bagage.

La route file droit. Le paysage change dès que nous quittons la frange de savane qui longe l’immense lac salé asséché. Un vaste désert. Une forêt pétrifiée. Des arbres denses aux couleurs automnales.

Chacals jouant sur le bord de la route. Autruches en couple. Faucon à robe bleue.

D’immenses amas de paille sont accrochés aux arbres.  Ce sont les nids des oiseaux sociaux, partageant un habitat collectif.

Les points d’eau sont très fréquentés dans cette partie ouest du parc. De nombreux animaux viennent s’y abreuver et cohabitent.

Les zèbres tentent de trouver leur place entre les pattes des éléphants gourmands.

Un éléphant s’asperge d’eau et de boue. Nous rentrons dans sa zone de confort et il nous le fait savoir en pointant son pas assuré dans notre direction.

Olifantrus était un abattoir pour éléphants. C’est aujourd’hui un charmant campsite enfouit dans le sable rouge. La poussière y est encore plus tenace qu’ailleurs. Tout est sec et sale. On ne peut se défaire de ces particules qui nous empoisonnent toute la journée.

Un promontoire domine le waterhole. Les éléphants s’en approchent et nous sommes face à eux derrière un vitrage sur l’eau. On pourrait leur lire les lignes de vie sur les trompes tant on peut scruter chacune de leurs rides.

Des nuées d’oiseaux s’envolent en un nuage sonore et poétique avant de plonger boire.

Poulet, saucisses, maïs grillent au barbecue tandis que le ciel rougit. Sam a même réussi à satisfaire Ève en faisant des crêpes sur une poêle inepte.

Papaye, ananas et shamallows grillés en dessert. Grand luxe.

Le trou d’eau n’est quasiment pas éclairé. Deux hyènes marrons passent furtivement. Un renard aux oreilles de chauve souris. Un chacal. C’est l’heure des carnivores. Il ne faut pas perdre espoir. Les félins seront peut-être de sortie ce soir.

Les rhinocéros déboulent. Ça risque de durer. On va se coucher.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Dans le même pays

Namibie

Les secrets de la White Lady

Notre café fume encore dans nos tasses lorsqu’un éléphant deserticole lève sa trompe à une centaine de mètres de notre campement pour arracher la branche

Lire la suite »
Namibie

Calme plat sur Halali

Est-ce la mauvaise heure, l’itinéraire mal choisi? En ce milieu de matinée, aucun animal ne pointe le bout de son nez. A peine quelques zèbres

Lire la suite »