A la rencontre des himbas d’Epupa Falls

Un café nous attend sur notre petite terrasse face au soleil levant. Le fleuve Kunene nous sépare de l’Angola. Quelques crocodiles y vivent tandis que les hippopotames ont disparu faute d’eau, suite à la construction d’une succession de barrages.

Le petit déjeuner est succulent, la piscine toujours aussi froide. Nous faisons halte sur les hauteurs pour admirer le panorama qui domine les cascades. Le fleuve laisse son empreinte verte au cœur  d’un milieu très aride. Des baobabs sont agrippés aux pentes abruptes du lit de la rivière.

Notre camp pour la seconde nuitée à Epupa se situe un peu à l’écart. L’accueil y est charmant bien qu’une fois de plus nous ayons une déconvenue dans notre réservation. Notre pique-nique sur le fleuve est très plaisant.

En milieu d’après-midi, par 34 degrés, nous retrouvons notre guide. Après un arrêt à l’épicerie pour acheter farine de maïs, huile et sucre, nous empruntons la piste qui nous mène à un village Himba. Il y en a 120 à proximité. Chacun n’accueille en réalité qu’une famille autour d’un homme marié à une ou jusqu’à 4 femmes

Les hommes attendent d’avoir la trentaine et suffisamment de bêtes pour choisir leur femme. Celles-ci peuvent être promises dès leur cinq ans mais attendent la puberté pour rejoindre la famille de leur conjoint. Hommes et femmes sont libres d’avoir des relations extra conjugales. Les femmes célibataires peuvent même avoir déjà eu des enfants sans que cela n’entrave leur futur ménage. Toutes les histoires doivent avoir lieu la nuit  loin des regards et se tenir secrètes.  Un Mari ne pouvant rejoindre son village avant la nuit tombée devra dormir en dehors de son toit afin de ne pas risquer de découvrir une relation inopinément.

Le nouveau village s’articule autour d’un enclos pour les jeunes chèvres. Un feu sacré brule de la tombée de la nuit à l’aube. Chaque femme possède sa case de torchis. Les enfants dorment à part. La nourriture est gardée par un cadenas. Les frères et sœurs ainsi que leurs enfants, s’ils ne sont pas mariés, peuvent également avoir leur propre case. L’ ensemble forme un cercle. Les femmes Himba s’enduisent de terre rouge mêlée à de la graisse pour se faire belle. Leur coiffure détermine leur statut : deux tresses en avant pour les petites filles, des nattes enduites de graisse une fois pubères, une coiffe de cuir pour les femmes mariées. Une lanière à leur collier de pieds pour un enfant, deux ensuite. Les jeunes garçons ont une crête vers l’arrière qu’ils coupent une fois mariés.

Nous nous asseyons auprès de chaque groupe pour discuter un peu. Notre guide traduit avec son léger zozotement dû au fait de s’arracher les quatre incisives du bas à l’adolescence, en marque d’appartenance à leur tribu.

Nous achetons quelques babioles artisanales pour clôturer notre visite qui s’est avérée intéressante et paisible, loin de l’image hyper touristique et artificielle que nous redoutions.

Petit coucher de soleil tardif sur les cascades. Il faut tout organiser dans le noir, comme d’habitude! Le gaz manque. Les pâtes peinent à cuire. La bière est fraîche. Le fleuve fait quelques petits remous. Il fait trop sombre pour s’enquérir des crocodiles. Les babouins visitent notre poubelle pendant la nuit.

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