Premiers safaris

Enlever les coussins, les piquets, soulever l’échelle une fois les loquets en place, plier et pousser, couvrir, sangler, ranger les caisses, le sale au sale, les habits du jour en pensant aux shorts et aux tongues pour le milieu de la matinée, remplir les gourdes, faire bouillir de l’eau chaude pour le petit dej, bien remplir sa panse, ranger les tables et les chaises, faire un brin de vaisselle, un brin de toilette, débrancher le frigo et le remettre sur la batterie de la voiture, ouvrir la trappe du coffre pour éviter d’avoir de la poussière de partout, ranger tout le bronx….. et voila ! 1h45 chrono!

On commence à avoir le pli.

Bref, à 8h, le lever du soleil nous a déjà ravi par ses tons rougeoyant lorsque nous parvenons à la guérite de l’accès du parc où nous rejoignent le guide et une famille allemande.

Appareils photo en bandoulière, casquettes et crème solaire, nous sommes parés pour nos 3-4h de « Rhino walk » à travers la réserve.

Six rhinocéros blancs vivent dans les 200km2 du parc du Waterberg Wildness, domaine privé détenu par une famille qui s’est reconvertie à la préservation des animaux et au tourisme après avoir été fermiers.

Des rhinocéros noirs occupent le flanc du plateau tandis que les blancs, rarissimes, sont préservés dans la plaine entre les antilopes en tous genre, les girafes, les hyènes et des léopards.

Nous marchons en file indienne dans le bush. Peu d’animaux se laissent observer, hormis des oiseaux.

Deux girafes broutent tranquillement le long de la route. Après une bonne heure d’approche, quelques autruches, des phacochères et des oryx.

Ne quittant ses jumelles des yeux, Nathanaël avise une masse noire, puis, non loin derrière une voiture.

Excités, nous nous hâtons. Cinq des six rhinocéros, 4 femelles et un mâle, sont postés à côté d’une citerne d’eau et de blocs de sel,sous la surveillance bienveillante de leur gardien.

A l’état sauvage, ils sont néanmoins soignés et protégés au sein du parc.

Pas effrayés le moins du monde, nous pouvons les approcher de très près. Un bébé de 18 mois tête. Le dernier spécimen, un mâle de 1800kg rejoint le groupe.

Fascinant de voir ces énergumènes brouter avec désinvolture.

La jeep nous ramène tous au bercail ravis.

Nous rebroussons chemin pour pénétrer dans un autre immense domaine privé plutôt luxueux, le sanctuaire des léopards d’Okonjima.

Une fois le premier portail de l’enceinte franchi, avec interdiction formelle de descendre de voiture, un festival d’animaux s’offre à nous: zèbres, oryx, suricates, dik dik, …. Nos yeux scrutent et s’émerveillent.

Chaleureusement accueillis, nous prenons place le luxueux emplacement qui nous a été réservé au milieu du bush. Seuls au monde. Le site est très bien équipé : électricité , cuisinière, bois pour le feu, toilettes nature avec vue sur la brousse, douches chaudes dans des citernes reconverties avec goût, un véritable plaisir pour tout campeur.

Peter vient nous chercher pour notre safari léopard.

Les léopards sont protégés mais endémiques sur cet immense domaine. 18 de la trentaine présentes ont été doté d’un collier émettant un signal radio. Cela permet d’avoir une bonne idée du territoire dans lequel ils se trouvent et de les approcher. Solitaires, ils ne se retrouvent en couple que pour se reproduire et défendent seul leur territoire.

Le léopard que nous recherchons, Mawezi,   est un mâle de 14 ans. Peter s’arrête fréquemment pour déterminer d’où vient le signal radio et échafaude des hypothèses quant à ses déplacements possibles. On le suit, on le cherche, on est tous à l’affût. Sur le chemin, antilopes, oryx, termitières, phacochères, les animaux foisonnent.

Peter suit les méandres du fond de vallée , s’enfonce dans le bush, repart en arrière, emprunte un ruisseau asséché, fait demi tour, repart de plus belle avec détermination. Zélie est confiante, les garçons aussi. Le jour baisse. On n’y crois plus trop. La tension monte.

Et puis soudain le voilà ce gros chat tacheté. Il marche à travers les herbes hautes, passe à côté de nous, détourne à peine le regard, poursuit sa route, imperturbable.

On ne peut plus avancer. Peter cherche une autre voie et le retrouve, se reposant dans le fond sablonneux du cours d’eau. Ses yeux clairs nous fixent. Il fait sa toilette puis reprend sa route.

En repartant, un jeune mâle croisé inopinément notre route! Un second léopard de 8 ans plus petit plus craintif qui disparaît rapidement.

Pour clôturer cette journée incroyable, Peter sort l’apéro tandis que le ciel se part de mille feux. Mémorable. On est tous retournés.

Notre tablée se régale tandis qu’un feu de bois crépite sous le ciel étoilé.

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