Malgré notre arrivée tardive, le réveil nous sort du lit à 6h30. En raison de l’affluence pharaonique due aux congés nationaux, on nous a fortement conseillé d’aller voir l’armée de terre aujourd’hui et de quitter l’auberge tôt. Nous nous joignons à un groupe d’expatriés américains pour notre premier tour en groupe du voyage. Notre guide est énergique et frôle l’autoritarisme. Son pas rapide se faufile entre les milliers de chinois afin de ne pas dévier de son Itinéraire rodé, nous évitant de rester bloqués à l’entrée du site pour cause de quota atteint.

Sagement rangés en file indienne,  nous accédons à la fouille numéro 2. Le premier empereur de chine a choisi une colline artificielle pour mausolée. Afin de le protéger, il a ordonné qu’une armée garde l’entrée de son tombeau. Quarante années ont été nécessaire à la mise en œuvre d’une telle folie. 750000 artisans ont sué afin de sculpter des visages tous différents, d’un réalisme saisissant, avant d’être assassinés pour ne pas révéler le site impérial. Malgré ces précautions, à la mort de l’empereur, les royaumes voisins ont repris le pouvoir et découvert l’entrée de l’armée de terre.  Le toit s’est effondré après avoir été incendié, brisant les figurines. 

Aujourd’hui des centaines de milliers de personnes assiègent à nouveau le tombeau, jetant leur dévolu sur les vitrines renfermant les magnifiques statues de l’archer agenouillé et du général. L’ambiance est moite, bruyante, grouillante. Il faut jouer des coudes pour apercevoir les traces rouges d’un habit ou les chaussures d’un autre.

La majorité des généraux de la fouille numéro 3 se dresse sans tête. Ils ont été enterrés avant d’avoir été achevés à la mort de l’empereur. 

La fouille numéro 1 et ses 2000 soldats d’infanterie extraits du sol se déploie sous une toiture plutôt pataude. L’alignement de tous ces soldats, de tous ces visages de paysans ayant réellement existés il y a 2200 ans, est hypnotisant malgré le flux des groupes qui défilent inlassablement. Maël est absorbé. 

On aimerait approcher de ces hommes, lisser les moustaches, caresser les chevaux, transpercer leurs regards. On reste loin, fascinés.

Une pluie torrentielle accentue encore la moiteur de cette journée. Cela ne suffit pas à faire baisser le taux de pollution astronomique de Xi’an (291 AQI pour 20 à Paris et 32 à Lyon). 

La terrasse du HanTang hostel est fleurie. La table de ping-pong cabossée et les raquettes de bois ne nous empêchent pas de faire voler la balle sous les gros yeux ronds du chat tigré. Le soir venu, la foule a pris ses quartiers en ville, l’affluence face à la tour de la cloche frôle la saturation. 

Les enfants sont ravis de faire glisser leur pinceau sur le papier de riz en traçant des sinogrammes à l’encre de Chine tandis que la parade de Tiananmen est retransmise sur l’écran. 

2 réponses

  1. Bonjour ce sont les Amsallem
    Ravis d’avoir des nouvelles et impressionnés par vos photos assez hallucinantes ; nous en profitons pour apprendre aux enfant plein de choses. Nous pensons fort à vous et à bientôt joanna Florent Lenny et Romy

    1. Bonjour, nous sommes contents que cela vous fasse voyager aussi! J’espère Que l’année se passe bien pour vous. Maël fait des bises en particulier à lenny.

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