Un patrimoine envahit par l’industrie

Notre chauffeur nous mène de sa conduite décontractée et attentive, à la villa Wang au nord de Ping Yao. Le brouillard est dense. Des centaines de camions de charbon saturent la voirie. Les usines se succèdent. Hauts fourneaux, centrales électriques, centrales thermiques, flanqués de leurs villes dortoirs et de leurs collections d’immeubles identiques, dotés de panneaux d’eau chaude solaire en toiture. Les champs de maïs envahissent ce qui reste de place, s’insinuant entre les routes, les ateliers mécaniques, les entrepôts. Les montagnes sont rabotées par les routes, les carrières, les terrasses agricoles. Le paysage est exploité dans ses moindres recoins. Le ciel embué de particules. La pollution atmosphérique extrême.

Le complexe construit au 18ème se déploie entre de vastes murailles, telle une ville bourgeoise de la fin du 18ème. Il est parfois difficile de distinguer les zones reconstruites des préservées. Les chinois fond sortir du sol de «  nouvelles villes historiques » en un temps record. Les sites patrimoniaux sont de grands chantiers inondés de boutiques. 

Les rues pavées sont bordées de hauts murs. Si toutes les cours des maisons sont construites sur le même schéma, chacune d’elles déploient des détails spécifiques; modénatures de fenêtres, sculptures au pied des portes, mobilier, balcons. L’ensemble fait preuve d’un grand raffinement. 

Contrairement à la très touristique villa, il règne une ambiance paisible dans la forteresse Zhangbi. Nous nous perdons dans les méandres des tunnels souterrains avant de resurgir au cœur de la ville médiévale dont les cours des maisons sont plantées de potagers. Il règne une atmosphère à la fois rurale, artisanale et ludique: paysans vendant leur maïs, dates ou kakis alternent avec des stands de tir à l’arc, des ateliers de fabrication de farine de pois, des spectacles d’ombre chinoise et des luges traversant la forteresse. Dans une cour, des habitants confectionnent patiemment une fresque végétale à la gloire du 70eme anniversaire. 

Nous prenons le dernier train pour Xi’an. Les vacances de la semaine d’or commencent ce soir. Il y a un monde fou dans le métro. La ville grouille de vacanciers arborant le drapeau national et de boutiques illuminée. Il est temps de dormir. 

Porte sud de la villa Wang
La forteresse Zhangbi

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