Le train de nuit à l’indienne

Ni les cloches du temple hindou voisin ni les bagarres virulentes des singes et des chiens n’altèrent le lourd sommeil des enfants. Nous profitons d’une grasse matinée  pour reprendre des forces. Le roof top désert et désuet de notre pension sera notre salle de classe pour la matinée. La lumière reste voilée sur le Gange. Une pollution malsaine pèse sur la ville – jusqu’à 272 PAQI. Le gérant de l’hôtel, un célibataire toujours prompt à la discussion, taquine une fois de plus Zélie pour qu’elle reste avec lui. 

Dès que l’on s’échappe des ruelles labyrinthiques de la vielle ville et leur calme relatif, la cohue et le vacarme reprennent le dessus. Le tuktuk se fraye un chemin à travers la ville encombrée. Nous nous noyons dans le bruit et les vapeurs pesantes de pétrole. 

La gare de Varanasi, orange et blanche est bondée. La salle d’attente ne peut contenir l’afflux de voyageurs. La gare déborde sur le parvis. Après un contrôle des bagages aussi succinct que celui des passeports à la frontière, nous avançons jusqu’au quai n°8 à la recherche d’un casse-croûte avant de monter dans le train. Trois minutes avant son entrée en gare, le train change de quai. Nous courrons, montons, descendons les escaliers, courrons à nouveau nos gros sacs sur le dos à la recherche de notre wagon. Manque de jugeote, en l’absence d’indication et de chef de gare, nous sommes partis en tête. Les secondes classes Air Conditionné sont en fait en queue! S’en suit une course frénétique pour se frayer un chemin entre les passagers et atteindre le dernier wagon avant le départ du train. Poisseux, stressés, fatigués par cette course et le dos ruiné par le frottement du sac, nous montons finalement dans le train. Il part avec 30 minutes de retard!

Par chance, nous avons quatre couchettes côte à côte formant un compartiment sans porte donnant sur le couloir lui même bordé de deux autres couchettes dans le sens de la marche. Un semblant d’intimité. Les wagons « sleepers » classiques, bondés, comportent des barreaux aux fenêtres et ressemblent à des containers. Nous sommes contents d’avoir les moyens de voyager en seconde. On nous donne des draps propres, des couvertures un peu plus poussiéreuses. Nous passons un bon coup de chiffon avant de jouer aux cartes sur la table et nous voilà partis en direction d’Agra. 

Les bagages bien attachés sous nos couchettes, nous nous installons. La nuit sera courte. 

 

2 réponses

    1. Bonjour Bérénice
      Je ne les connais pas tous, il y en a tellement. Mais je connais:
      – Hanuman dieu à la tête de singe
      – Shiva le dieu destructeur, représenté par le linga, dieu suprême, son véhicule est le Nandi (la vache sacrée)
      – Ganesh le dieu à tête d’éléphant dieu de la sagesse et fils de Shiva et de Parvati
      – Vishnou, le dieu protecteur, son véhicule est Garuda (mi-homme mi-aigle)
      – Brahma, le dieu créateur, son véhicule est l’oie
      Gros gros bisous.
      Zélie

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Dans le même pays

Inde

Delhi asphyxiée

Le train entre en gare, ponctuel. Quelle déception nous avions misé sur une paire d’heures de retard pour prolonger notre nuit. Il est 5h25, il

Lire la suite »
Inde

Invitation indienne

Quelques gouttes de pluie sont tombées cette nuit, l’air s’est légèrement rafraîchi. Nous traînons toute la journée sur les banquettes en tentant d’organiser notre séjour

Lire la suite »
Inde

L’immortel Taj Mahal

Les couchettes sont étroites et dures, le passage incessant. Difficile de fermer l’œil. A 4h40, un long arrêt en gare nous sort de notre somnolence.

Lire la suite »
Inde

A la recherche du soleil

Tandis que les enfants dorment, nous partons à la quête d’un belvédère d’où admirer le lever du soleil. Les gardiens ne nous laissent pas pénétrer

Lire la suite »