Yolyn Am


C’est la rentrée des classes en France. 

Seuls les chameaux et les chèvres peuvent supporter le climat de Gobi. Le vent lèche  les steppes. L’automne s’installe. Le peu d’herbe qui reste jaunit. La piste trace tout droit sur le sol desséché. 

 La petite sœur de Dorj nous accueille pour le déjeuner. Amina, 6 ans, rentre de sa première journée de CP. Sa grande sœur se prépare a retourner au collège d’en face tandis que la petite dernière goutte sa première bouillie. Son mari, souriant, nous ouvre les portes de son atelier de peintre et nous offre un calendrier qu’il a illustré. Nous profitons du repas pour recharger nos multiples batteries et nous laver les mains avec du savon. 

15000 personnes vivent à Dalanzadgad. À la boucherie, on trouve chèvre, mouton, cheval et chameau, les mongols mangent même la bosse de gras de ces derniers. Les boucheries sont des lieux assez peu ragoûtants et l’idée de manger toute cette viande et tout ce gras à chaque repas ne nous enthousiasme pas franchement. Ce soir ce sera soupe de nouille, chèvre, patates et carottes pour ne pas trop varier! Sinon c’est riz, gras de mouton, betteraves, patates, chou, ou pareil avec des nouilles sautées. À vrai dire, le bétail est la seule ressource du pays. Pas de fruit, les seuls légumes cultivés sont les patates, les carottes, les betteraves et le chou. Tout le reste est importé de Chine ou de Russie. Pas de sucre hormis dans le thé ou les bonbons offerts lorsque l’on est invité. 

Nous entrons dans le parc naturel de Yolyn Am. Le musée renferme de sinistres spécimens empaillés de la région, léopard des neiges, vautours, aigles, ibex. Le gypaete barbu, un immense vautour qu’on ne trouve qu’à 2000 mètres d’altitude, a donné son nom au canyon. 

Quelques yacks peuplent l’entrée des gorges. Nous nous enfonçons dans le parc en suivant le cours d’eau. Les roches sont noires, les falaises abruptes. Quelques bouquetins campent sur les hauteurs. Les pikas se faufilent de terrier en terrier, transportant des brins d’herbe. Les touristes à cheval finissent par repartir et nous profitons paisiblement de cette magnifique balade de fin de journée. Nous plantons les tentes à la nuit tombée non loin de yourtes de nomades chez qui nous sommes allés puiser de l’eau. Une soupe chaude nous réchauffe tandis que les étoiles scintillent. Il fait nuit noire. Un vent puissant souffle, imperturbable. La nuit sera froide. 

Dorj

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