A la recherche du soleil

Tandis que les enfants dorment, nous partons à la quête d’un belvédère d’où admirer le lever du soleil. Les gardiens ne nous laissent pas pénétrer dans l’enceinte de la forteresse, nous contraignant à inventer un parcours alambiqué pour rejoindre la colline. Les ruelles encombrées d’ordures et d’animaux morts se réveillent doucement. Les chiens errants aboient, agressifs, nous obligeant parfois à rebrousser chemin. Une fois parvenus en haut, nous trouvons là encore les grilles fermées. Le soleil semble mouillé, noyé dans la brumeuse aurore. Une fois de l’autre côté du piton rocheux, nous nous glissons dans un tuktuk brinquebalant qui nous dépose devant l’entrée sud ouest de la forteresse. Malgré maintes supplications, le garde ne nous laisse pas passer. La citadelle n’ouvre ses portes qu’à 9h.

Dépités, nous repartons. Un jeune prince du désert nous alpague. Béret militaire sur la tête, chaussons traditionnels aux pieds, il a les yeux rieurs d’une personne joviale. S’ensuivent des séances de selfies, vidéo, interviews ludiques où je me retrouve à danser sur un fond bloywoodien et à faire une vidéo en hindi à partager sur Facebook. Les portes s’ouvrent enfin et nous retraversons les remparts pour retrouver Sophie et les enfants devant leurs pancakes. Notre quête du soleil a été vaine mais nous avons fait une rencontre rafraîchissante. 

Le puits à degré de Toorji déroule ses marches vers un vaste réservoir empli de poissons. Le soleil, joueur, révèle l’escalier sans fin d’Eschr à travers ses ombres.  Les enfants se jettent dans l’eau glacée de cette piscine rituelle, véritable lieu de rencontre du quartier. Depuis la terrasse du délicieux Stepwell Cafe, un expresso à la main, nous observons les plus téméraires sauter de 20 mètres de haut. 

Dès que l’on se perd loin des artères principales, la ville dégage une atmosphère paisible ou l’on peut rencontrer les habitants,  échanger des sourires, quelques bonnes paroles et même trouver une aire de jeux. La ville est très plaisante.

Autour de la tour de la cloche le bazar grouille de badauds. Les femmes vendent des saris colorés à bas prix, les tuktuk klaxonnent à tue tête, les vaches se prélassent à leur habitude. La pollution et le bruit nous font un peu tourner la tête, nous rentrons nous réfugier sur la terrasse hospitalière de l’hôtel. Le soleil rougit. Les enfants ne veulent plus se quitter, Eliot, Zélie et Maël se sont trouvés! Il ne nous reste plus qu’à nous organiser pour nous retrouver en Argentine! 

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